Bienvenue
à la cuisine !
Mais,
qui donc est cette
Tante Léa ?
Léa
est née après guerre dans les pages de "La Libre-Belgique",
quotidien qui existe encore aujourd'hui. En 1982, j'ai trouvé,
dans un marché aux puces roubaisien, pour 2 francs,
un petit livre gris qui ne payait pas de mine : "Les propos
de Tante Léa, pour apprendre la cuisine à nos
filles". |
|
Plutôt
que des recettes, on y trouve les grands principes de base
des techniques culinaires, grâce à quoi, avec
un peu d'imagination et de bon sens on peut offrir aux siens
une bonne cuisine à la fois saine et économique.
Bien sûr, quelques uns de ces principes ont vieilli,
ne serait-ce que parce que le matériel a changé
: on ne dispose plus, par exemple de ces vastes cuisinières
à charbon sur lesquelles on laissait mijoter un plat
pendant des heures, comme on a du mal à trouver certains
légumes, à l'époque réservés
aux "pauvres" et qui aujourd'hui demandent une bourse bien
garnie, les scorsonères, les topinambours et autres
rutabagas... Mais dans l'ensemble, tout reste applicable,
et les judicieux conseils de Léa me servent encore
aujourd'hui. |
|
Vous
êtes ici : netmadame.com->cuisine->cuisine
à l'ancienne-> les gâteaux biscuits de
Tante Léa |
Les
gâteaux biscuits de Tante Léa |
|
Savourez
les gâteaux mousseline, bien sur, mais savourez
aussi les explications d'époque données
par Tante Léa, toujours soucieuse de notre
santé comme de celle de nos économies,
et tenant compte des restrictions des périodes
difficiles...
Léa
est née après guerre dans
les pages de "La Libre-Belgique", quotidien
qui existe encore aujourd'hui. Il y a déjà
presque 20 ans que j'ai trouvé, dans
un marché aux puces roubaisien, pour
2 francs, un petit livre gris qui ne payait
pas de mine : "Les propos de Tante Léa,
pour apprendre la cuisine à nos filles".
Plutôt
que des recettes, on y trouve les grands
principes de base des techniques culinaires,
grâce à quoi, avec un peu d'imagination
et de bon sens on peut offrir aux siens
une bonne cuisine à la fois saine
et économique. Bien sûr, quelques
uns de ces principes ont vieilli, ne serait-ce
que parce que le matériel a changé
: on ne dispose plus, par exemple de ces
vastes cuisinières à charbon
sur lesquelles on laissait mijoter un plat
pendant des heures, comme on a du mal à
trouver certains légumes, à
l'époque réservés aux
"pauvres" et qui aujourd'hui demandent une
bourse bien garnie, les scorsonères,
les topinambours et autres rutabagas...
Mais dans l'ensemble, tout reste applicable,
et les judicieux conseils de Léa
me servent encore aujourd'hui.
|

|
Tante
Léa et les gâteaux
"mousseline"
"Voici
un gâteau facile à
préparer, nourrissant et
économique, que nos fillettes
pourront exécuter elles-mêmes
le jeudi, quand elles attendent
leurs petites amies. En le commençant
une heure avant l'arrivée
des invités, elles pourront
le faire tout à l'aise, il
sera froid pour le goûter." |
Caractéristiques
Gâteau
très sucré, de consistance
assez sèche. Il doit sa belle
couleur jaune vif aux nombreux oeufs
qu'il contient. Il appartient à
la catégorie des gâteaux-biscuits
légers. |
Ingrédients
pour un moule à tarte rond
de 18 cm de diamètre et de
3 cm de haut
|
- sucre
râpé ou cristal,
125 g
|
|
- sucre
vanillé (pas indispensable),10g.
|
La
belle farine de froment donne
toujours un bon résultat.
La farine du ravitaillement
produit un gâteau un
peu moins levé, mais
de goût excellent. Si
on désire le biscuit
très sec, on remplace
la moitié de la farine
par de la fécule de
pomme de terre. La farine
de maïs, qui a le grain
très fin, fournit un
gâteau délicat,
de texture serrée.
Bref, employez ce que vous
avez sous la main.
|
|
Proportions
-
Vous
remarquerez qu'il faut 1 oeuf
pour 25g de farine; c'est là
le strict minimum, sinon vous
ne parviendrez pas à
tourner la pâte; si vous
employez un oeuf de plus, c'est-à-dire
un oeuf pour 18 à 20g
de farine, le travail sera plus
aisé et la pâte
plus légère. Pour
le sucre, le minimum est : même
poids de sucre que de farine;
le maximum : double poids de
sucre.
|
Prix
de revient : peu élevé,
puisqu'il n'y a pas de beurre.
|
Principe
-
Pour
le gâteau-mousseline,
comme pour tous les gâteaux-biscuits,
la pâte est une pâte
"tournée" qui se mélange
au fouet ou à la fourchette,
mais jamais à la main.
Elle a une consistance mollette,
ressemblant un peu à
de la mayonnaise.
|
Technique
:
- Mélanger
les jaunes avec le sucre, en tournant
jusqu'à ce que le mélange
blanchisse; ajouter la farine petit
à petit; la pâte devient
trop dure; battre les blancs en neige
et les ajouter délicatement dans
la pâte; celle-ci reprendra bonne
consistance.
- Moule
: étendre une bonne couche de
beurre ou de margarine dans la forme,
car les biscuits ont tendance à
coller à la tôle; c'est
pour cette raison qu'on tapisse toujours
le moule des cakes de papier graissé.
- Cuisson
: 20 minutes à four doux, puis
5 à 10 minutes à four
très chaud. Pourquoi? Notre biscuit
lève parce qu'il contient beaucoup
de bulles d'airincorporées pendant
le travail de la pâte et dans
le blanc en neige; ces bulles se dilatent
à la chaleur, le gâteau
double de volume. Si nous placions le
gâteau dès le début
dans un four fortement chauffé,
l'albumine du blanc d'oeuf se durcirait
tout de suite en surface, il se formerait
une croûte dure que les bulles
d'air ne parviendraient pas à
soulever, le gâteau resterait
plat. Donc, voici notre biscuit levé.
Ne soyons pas curieuses et n'ouvrons
pas le fur tout grand pour l'admirer,
les bulles d'air se contracteraient
par le froid et il retomberait. Il nous
faut à présent durcir
et colorer la surface, pour qu'au moment
du démoulage il garde sa forme
: 5 à 10 minutes de four chaud,
c'est fini. La lame d'un couteau enfoncée
dans le gâteau ressort sèche.
Démoulons sans hâte et
sans secousses, faisons évaporer
sur une grille. Avec un four électrique,
à moins d'être distraite,
on n'a jamais de surprise. Au four à
gaz, si la pression est insuffisante,
les 10 minutes de four chaud sont impossibles
à obtenir; il faudra cuire le
gâteau plus longtemps, une heure
au besoin; le goût sera parfait,
mais ne nous désolons pas si
quelques parcelles sont endommagées
au démoulage. - Au four à
charbon, c'est l'accident opposé
qu'il fait éviter : si on craint
un coup de chaleur, vite glisser un
léger papier blanc sur le gâteau
pour l'empêcher de noircir. A
four chaud, le gâteau est souvent
déjà cuit en 20 minutes;
si, en le découpant, on remarque
des trainées verdâtres,
c'est un signe d'excès de cuisson.
Variantes
:
- La
pâte-biscuit ou pâte tournée
sert de base à une foule de gâteaux.
Qui sait en faire un sait les faire
tous, car seuls quelques petits détails
diffèrent, soit dans la pâte
(arôme, proportions de beurre
et d'oeufs), soit dans la garniture.
Si nous cuisons notre gâteau-mousseline
dans un moule spécial, cannelé,
il prendra le nom de biscuit de Savoie;
dans un moule en couronne, il aura un
tout autre aspect, et nous le servirons
avec une marmelade de fruits au centre.
Enduit de crème au beurre, notre
biscuit sera servi les jours de fête
: ce sera le coeur du nouvel an, la
bûche de Noël, ou le gâteau
de Pâques. Il aura également
belle allure si nous glaçons
sa surface au sucre aromatisé
: il s'appellera biscuit au rhum ou
à l'orange. Si nous ajoutons
des amandes dans la pâte, nous
obtenons le gâteau gênois;
du cacao dans le mélange rendra
notre gâteau nègre; le
biscuit aux corinthes s'appelle un cake.
Si nos faisons notre pâte très
légère, nous aurons des
biscuits à la cuiller. En un
mot, tous ces gâteaux sont frères.
Classement
des gâteaux-biscuits :
- Au
fait, il y a principalement deux sortes
de gâteaux-biscuits; LES LEGERS
contenant beaucoup d'oeufs et dont le
blanc est battu en neige, et LES LOURDS
où le blanc n'est pas toujours
battu et dont on remplace une partie
des oeufs par un corps gras. Toute la
gamme intermédiaire existe, les
proportions diffèrent légèrement
pour chaque type, mais toujours on est
ramené à ceci : si l'on
supprime un oeuf, on doit le remplacer
par du beurre (ou de la margarine),
de façon à ce que la pâte
reste assez molle pour ne pas devoir
être travaillée à
la main, sans toutefois devenir vraiment
liquide. par exemple, dans un gâteau-mousseline,
on emploie un oeuf pour 18 à
25 grammes de farine, tandis que dans
le 4/4 il y aun oeuf pour 60 grammes
de farine et 60 grammes de beurre. par
économie, on remplace parfois,
dans les gâteaux-biscuits, le
beurre et une partie des oeufs par du
lait, et on obtient la légèreté
par l'adjonction de levure chimique.
|
NDLR
: Cette page cuisine sur les gâteaux mousseline
de Tante Léa était initialement
présentée dans "les Vieux
Echos de la Mode" de juin-juillet 1999
Armelle Vancaeyzeele
|
|
|