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Mois
de mai, le temps des fraises ! |
N'est-ce pas que la vue des fraises
sur les étals des commerçants apporte une bouffée
de bonheur ?
Déjà, cette belle couleur rouge,
ensuite ce parfum de printemps -depuis le temps qu'on l'attendait
! - et enfin on se voit déjà les croquant à
belles dents, nature, sucrées, préparées
en entremets et en tartes, en confitures et en gelées...
D'autant plus que la saison des fraises, la "naturelle",
c'est à dire sans compter les fraises d'importation,
n'est pas si longue que ça...
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Profitons-en vite ! ... et essayons
d'en savoir un peu plus sur cette demoiselle cramoisie... |
Décortiquons la fraise...
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La fraise est un faux fruit : c'est le synophore (le coeur
de la fleur) qui grossit après que la fleur soit tombée,
et qui devient charnu et sucré. Les vrais fruits sont les
grains qui garnissent la fraise : les akènes.
Différentes variétés : les plus connues
sont les Gariguettes, les Charlottes, le Cléry les Mara
des Bois... Quand on cultive son jardin, on peut avoir des fraises
sur une période assez longue, d'avril jusque même
en automne car certaines variétés sont remontantes,
comme les Gariguettes et les Cléry; les productions les
plus étalées dans l'année sont les Mara des
Bois et les Charlottes. Elles sont toujours tellement meilleures
quand on les a fait pousser soi-même! Encore faut-il avoir
la place et le talent du jardinier, et bien savoir planter des
plants "mères" qui produiront des plants "filles"
au bout de leurs stolons... |
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C'est bon pour la santé !
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A titre de produit de consommation, côté santé,
c'est le top. D'abord la fraise est très riche en vitamine
C, - plus que l'orange !- avec 60mg/100g; elle est également
bien pourvue en B8 (biotine), B9 (acide folique) et provitamine
A (carotène) : et tout ça avec seulement 0,5 gr de
lipides pour 100 gr! Inclus également dans le pack : 18 minéraux
et 2,4 g de fibres. Bref, rien que du bon pour 35 Kcal aux 100 gr... |
Un peu d'histoire...
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Au commencement, il n'y avait que des fraises à l'état
sauvage, des fraises des bois. Déjà, dans l'Antiquité,
les Romains (ou putôt les Romaines, mais sait-on jamais...)
en faisaient des masques de beauté : les fruits écrasés
apportaient éclat et velouté à la peau. Plus
tard, au Moyen-Age, la fraise des bois fut cultivée dans
les jardins, mais sans réelle évolution en taille
ou en goût. Sans doute les dégustait-on avec le même
plaisir qu'aujourd'hui, mais en outre on s'en servait à
des fins thérapeutiques, selon l'ouvrage "Hortus Sanitatis"
daté de 1491 : les fleurs, les fruits, le rhizome ou les
feuilles étaient utilisés pour soigner entre autre
maux les plaies, les maux de tête, de coeur, ou encore la
mauvaise haleine ( c'est toujours bon à savoir...).
Puis vint la découverte de l'Amérique et les trouvailles
de Jacques Cartier, parmi lesquelles une variété
de fraises plus grosses : les croisements avec la fraise traditionnelle
permirent d'obtenir une plus belle grosseur.
Au XVIIIe siècle, François Amédée
Frézier (au nom prédestiné ! ), alors lieutenant
de Louis XIV en mission commandée et féru de botanique
rapporte d'une expédition au Chili cinq plants d'une variété
de fraise à gros fruit blanc, qu'il décrivit à
l'époque "parfois comme une noix, parfois comme un
oeuf, au goût toutefois un peu moins délicat que
les fraises des bois". Arrivée à Plougastel
en France, cette nouvelle venue fût amenée à
Paris par un moine et hybridée avec une variété
à petits fruits rouges qui avait été importée
de Virginie 100 ans plus tôt par Jacques Cartier. Ce croisement
inusité donna naissance à une fraise à gros
fruits rouges, qui est l'ancêtre de la fraise cultivée
aujourd'hui sur tous les continents.
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Hortus sanitatis - 1491- J. de Cuba

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